Accueil Date de création : 14/02/07 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:56 / 27 articles publiés

Addiction  (LITTERATURE) posté le vendredi 05 juin 2009 09:56

Addiction


Sylvie Cador



Cigarette

Rage d’être

Arrête

Fleur de poison

Au creux de ma gorge

Enflamme les saisons

 

Brûle

Hurle

Tue

 

 

S’il te plaît, arrête !!!

 

Mains, destructions de la volonté fouillent dans son sac d’un cuir léger, peut être du chevreau après tout, si souple cette peau, si douce au doigté, si usée, si rognée par les saisons, si humaine qu’elle respire les caresses et les intempéries des temps, du temps.

 

Petit paquet enrobé de papier transparent, d’une chiquenaude mains destructions s’emparent et déchirent avidement le voile le protégeant, papier volage, papier voltage. D’un coup d’ongle, le pouce soulève l’opercule cartonné, si facile pour un doigté légèrement rouge onglé. Gentiment retire la feuille argentée cachant aimablement les tendres bouts cerclés de doré à l’odeur si délicatement et délicieusement parfumée.

 

Habitude oblige semble t-il ? Gestuelle des mouvements, impulsions spasmodiques envers ce léger paquet blotti au cœur des cachettes entre la peau de son sac à main et aussi, sa si tendre peau.

 "Pourquoi inscrire au dos de ce petit paquet «fumer tue», elle préférerait très certainement un autre style d’écriture : «fumer pue», «fumer jauni vos dents», par exemple, peut être que cela aurait plus d’impact ? Qui sait ?


Cendre tombe sur feuille, cercle feu perce bout de papier, disque noirâtre illumine. Sa main de frayeur pose convulsivement sa tasse à café sous cette pluie de petits bouts incandescents prêts à s’envoler.

 

Feuille marquée d’une brûlure ne sera pas lu

Petit trou future incandescence ne deviendra pas volcan

Poussières d’outre tombe

Tombent sur feuille de papier

Etincelle de cendre retombera poussière

Volutes bleutées, mauves, rosées

Temps grisé, poussière grise de papier…

 

Demain bouche sera cendrier

Ciel plombé

Bisou doré

Or soudé

 

Poumons mort doré

Acier immortalisé

 

Je m’évade en brin de jazz avec Laco …

 

 

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(c) copyright Sylvie Cador, Paris, 2009

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Une dent (petit poème si peu connu de Boris Vian)  (LITTERATURE) posté le vendredi 17 octobre 2008 21:40

Une dent

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La vie, c'est comme une dent

D'abord on n'y a pas pensé

On s'est contenté de mâcher

Et puis ça se gâte soudain

Ca vous fait mal et on y tient

Et on la soigne et les soucis

Et pour qu'on en soit vraiment guéri

Il faut vous l'arracher, la vie.

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Boris Vian

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Artiste touche à tout, Boris Vian a consacré sa vie à la musique et à la littérature. Son sens de la provocation, ses convictions, son intransigeance, son humour corrosif et une imagination poétique sans bornes en font une des figures marquantes de l’après-guerre. Scientifique de formation (ingénieur diplômé de centrale) il fut écrivain, trompette, chroniqueur de jazz, scénariste, auteur et compositeur, traducteur... Retracer sa carrière musicale, c’est avant tout aborder dans tous ses aspects sa passion pour le jazz : « Les trois grands moments de mon existence furent le concert d’Ellington en 1938, celui de Gillespie en 1948, et celui d’Ella un peu plus tard ».

(c) copyright Music Story 2008

Source : music-story.com

 

 

 

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La ligne du temps  (PHILOSOPHIE) posté le samedi 13 septembre 2008 23:23

Blog de sylviecercle :Sylvie Cador, La ligne du temps

La ligne du temps

sylvie cador

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Tu te regardes parfois, fois rares ! Plusieurs fois par jour, dans ton miroir ! Observant la ligne du temps qui délicatement, inexorablement, ravage ton visage si sage. Déjà, au dessus de tes lèvres pulpeuses fussent un temps, s’alignent lignes en lignes, brisent et se cassent les brisures du temps. Tu voudrais tellement gommer ces petites fissures des saisons, crevasses de tes souffrances, stigmates de tes errances. Mais tu ne peux pas.

 

Tu sais très bien, qu’un certain matin sans lendemain, à l’aurore d’une nuit irisée de noir en gris, de gris en noir, une touche argentée de bleuté aux confins du soleil levant mêlera ciel et terre poudre violine creusera plus encore, plus insidieusement, toujours plus sournoisement et sévèrement sous tes cils poudrés, cratères terre violets en violettes. Tu voudrais gommer cette jolie ombre mauve qui allègrement s’étale, détale en dédale, sous tes cils délicieusement bordés iris bleu nuit. Mais tu ne peux pas.

 

Cette ligne du temps qui petit à petit prend possession de ton corps, parcoure ta peau, détruit tes tendons, innerve tes nerfs, incontestablement et indubitablement, tu ne l’acceptes pas, tu ne peux pas l’accepter. Tu voudrais au moins qu’elle s’arrête à ton menton, qu'elle épargne les plis et replis de ton cou. Mais tu ne peux pas.

 

La ligne du temps ressemble à la ligne du vent, le vent n’a pas de point d’arrêt. Il souffle sans cesse, peu ou prou, puissant ou fou. Sur les collines de sables il créé ses rides, de ligne en ligne, petits monticules ou vastes creux. Il souffle selon son humeur. Creuse le vent sauvage, inexorable, ravage rare rage s’égard. Personne ne peut arrêter le vent, personne ne peut arrêter la ligne du temps.

 

Enfin, un matin yeux douloureux tu veux bien accepter cette fatalité d’un monde hors de ta compréhension mais, tu es trop orgueilleuse pour accepter la vérité, alors tu veux savoir, pourquoi ? Pourquoi la ligne du temps a-t-elle pris possession de ton corps, de ta beauté effacée, incompréhension, inexpérience d’un futur savoir. Tu veux connaître « LE SAVOIR ».

 

Alors le jour de ta mort tu as demandé que l’on fasse une autopsie de ton corps, auprès d’un médecin légiste compétent en la manière, matière. Tu veux savoir, tu veux voir, tu veux concevoir, pouvoir accepter l’ineffable, fable d’un dernier souffle de vie, facétie des mots, face farce d’une vie. Le médecin légiste a pris un coupe-papier, peut être espère-t-il lire en toi comme dans un livre. Lentement et doucement il a commencé par feuilleter ton cou, ouvert ta chair telle une enveloppe, écarté les bords de ta peau si pubère, pudique, putride aujourd’hui. Précieusement ses douces mains ont exploré les lignes de ton corps, cherchant la ligne du temps ? Selon ton souhait, longuement, il a cherché, si longtemps, qu’il en a perdu son temps…

 

Il a fallu qu’il dompte ton antonyme pour comprendre ta chair, et puis, un minuscule nuage de buée rosée s’est échappé de ton poumon. Forme éphémère voyageuse s’est envolée hors de ton cœur a décrit le médecin. Brutalement, toutes les horloges se sont arrêtées, coupure d’électricité a enregistré le médecin légiste, et ainsi il a décidé la date de ta mort, fausse date évidemment, fausse heure également…

 

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Hypocrisie  posté le mardi 15 janvier 2008 15:22

Blog de sylviecercle :Sylvie Cador, Hypocrisie

Hypocrisie

 (veuillez lire l’antonyme s’il vous plaît !) 

 

Sylvie Cador

 

 

Trahison d’amour

Trahison des sens

Et pourtant c’est moi qui l’ai « largué » comme il me l’a écrit dernièrement

Et pourtant je croyais qu’il m’aimait d’un amour absolu pour la vie entière

(Enfin c’est ce qu’il m’avait dit)

Certains diraient « c’est bien encore une bonne femme »

Certains diraient, quoi ? « Hypocrite elle-même »

Elle le « largue » et elle veut qu’il revienne

Elle « largue » = jeux d’amour

 

Depuis plusieurs jours je n’ai rien mangé. J’ai l'estomac meublé d’un vide chargé de détresse déraisonnée. Un pied qui marche devant, un autre qui déambule derrière. « Stupidité » quand l’on pense aux pieds (plante plantaire) = de simples accessoires. Ils fonctionnent comme deux robots « avancent ou reculent », pas de crédit pour les pieds bots. L’on ne peut pas faire face à un manque de pieds, ils sont là. Semelle collée ou décollée à l’endroit supposé. Quelque soit le sol en ré majeur, caillouteux pluvieux bouteux nivelé de pierrailles caoutchouteuses.

 

Je titube, je chute, j’agrippe mon estomac vide contre un banc de bois, je m’assied lasse de marcher. Je regarde mes semelles, pourtant elles sont bien en caoutchouc aptes à tout terrain.

 

Brisée, je m’allonge sur un banc tout comme un vagabond, mais il me manque le baluchon, un mégot, une couverture de survie. Je m’abandonne au sommeil, je rêve sous les arbres obscurs de ma mémoire, plus éminents, plus agiles, enfantés par le vent de la nébulosité, sombre incompréhension à mes questions, toujours mes questions incompréhensibles à touts mes points d’incompréhension.

 

Je me réveille dans la poussière subalterne d’un bac à sable pour enfant, le ciel est anthracite, la lune est argent. Je ne vois plus mes pieds, je suis fatiguée, sur un banc me suis allongée, « clocharde » crient les mômes, douce indulgence des mots d’enfants.

 

Je voudrais me mettre en apesanteur, que mon corps lévite ? Que mon âme s’envole, comme dans le troisième œil de Rampa*) Mais j’ai beau essayer, mon corps ne lévite pas. Je n’y parviens pas, mon corps reste pieuvre.

 

Il m’a trahi, mais il n’y a pas de trahison

Lui, non

Mon corps, oui 

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© copyright Sylvie Cador, Paris 2007

© copyright illustration Sylvie Cador, Paris 2007

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*) T. Lobsang Rampa, le troisième œil , édition J’ai lu, Albin Michel 1957

D’origine européenne, T. Lobsang Rampa devient médecin en Chine, puis lors de la dernière guerre, aviateur, il est fait prisonnier et torturé par les Japonais. Initié très jeune dans une lamaserie tibétaine, il œuvre aujourd’hui dans le secret à la diffusion de son message.

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Delvaux / Nuages  (LITTERATURE) posté le dimanche 23 décembre 2007 13:41

Blog de sylviecercle :Sylvie Cador, Delvaux / Nuages

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Delvaux
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Sylvie Cador 
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Un hymne au souffle enfermé dans son temple, la lune, la nuit étoilée, la mer, les fleurs, une tête de statue au voile pudique, une lampe lumière étincelle de la vie.

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Nuages
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Sylvie Cador 



Une matinée sans fin... Ma feuille de papier est livide sous ma plume sans encre. A demi assoupie sur mon lit, je regarde flegmatiquement les nuages insolents passer derrière la vitre de la porte fenêtre de ma chambre. Ils s’étirent voluptueusement.

 

Et s’ils étaient vivants, observant et scrutant tous les jours chaque minute et seconde de mon existence ? Et s’ils cachaient au cœur de leur ouate feutrée les disparus de ma planète ?

 

Parfois ils prennent des faciès qu’il me semble reconnaître ou des figures d’animaux, une tête de cheval surplombée d’un volatile qui s’effiloche en un masque au nez busqué d’un œil serein sur une barbe de cent années pour se modifier de nouveau en un petit mouton détricoté sur sa lancée prêt à rebondir sur un volcan crachant l’image de vénus aux côtés d’un triton en colère. Je les contemple, ils me dévisagent, nous nous regardons comme dans un film muet de Charlie Chaplin sans couleur paroles absorbées et étouffées par trop d’années lumières.

 

Les nuages trop sereins passent sans fin devant ma baie vitrée. J’ai envie de hurler dans mon demi sommeil, mais qui êtes-vous enfin ? Et qui suis-je moi ?

 

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© Copyright Sylvie Cador Paris 2005 - 2006 - 2007

Illustration Paul Delvaux, copyright © DACS, London 2007,  

(Loi n° 94-361 du 10 mai 1994)

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